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Morissanda Kouyaté répond aux critiques et invoque un accord hérité de l'ancien président Alpha Condé

Capture d'écran

Pris dans une controverse liée aux expulsions de Guinéens depuis Allemagne, le chef de la diplomatie guinéenne rejette toute responsabilité directe et rappelle le contexte juridique antérieur à la transition.

Face à la vague d'indignation suscitée par le retour forcé de plusieurs ressortissants guinéens, le ministre des Affaires étrangères a choisi de sortir de sa réserve. Au centre de son argumentaire : un protocole migratoire signé en 2018 sous l'ancien président Alpha Condé, bien avant l'arrivée au pouvoir du CNRD.

Selon Morissanda Kouyaté, ce texte constitue la base légale qui régit aujourd'hui la coopération entre la Guinée et les autorités allemandes, notamment en matière de reconduite des migrants en situation irrégulière. En rappelant cette chronologie, le ministre entend dissiper l'idée selon laquelle les autorités actuelles auraient initié ou encouragé ces opérations.

Mais la polémique ne s’arrête pas là. Certains observateurs accusent le gouvernement de vouloir récupérer ces retours pour répondre aux besoins de main-d'œuvre liés au développement du gisement de Simandou. Une accusation que le chef de la diplomatie rejette fermement, insistant sur le respect des droits et de la dignité des citoyens.

Sur les antennes de la RTG, il a affirmé que le président Mamadi Doumbouya avait expressément demandé de ne pas appliquer certaines dispositions jugées contraires aux principes de respect humain. Il a également assuré que l'Union européenne et Berlin avaient exercé des pressions, auxquelles Conakry aurait résisté pendant plusieurs années.

Sur le terrain pourtant, les images de compatriotes débarquant à l'aéroport de Conakry ravivent le débat. Beaucoup de ces jeunes, après des parcours éprouvants à travers le désert et la Méditerranée, se retrouvent contraintes de repartir de zéro.

Cette situation pose désormais deux défis majeurs aux autorités : faciliter la réintégration sociale et économique de ces rapatriés, et redonner confiance à une jeunesse souvent tentée par l'exil.

Au-delà de la controverse, cette affaire met en évidence l'équilibre fragile qui doit maintenir la diplomatie guinéenne entre ses engagements internationaux et les attentes d'une opinion publique profondément marquée par la question migratoire.

Kogno Célestin Sagno pour 224infos


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